passion gainée

Trail, génèse d’une passion Gainée

Helloooooooooooo les Gainé(e)s,

Comme vous le savez peut-être, j’adore les courses nature connues aujourd’hui sous le nom de TRAIL. Depuis l’an dernier je suis les aventures d’une maman traileuse que je kiffe de ouf dans sa passion gainée : Christelle alias Beerunneuse.

Christelle  : Quand une Beerunneuse s’adonne au trail : genèse d’une passion gainée

Le trail ? C’est un peu ma seconde nature !

Yoann : Je te comprends tellement, d’où le trail sur mon île d’Origine la Guadeloupe que je fais connaître en Europe. Cette course a une saveur particulière pour moi. La veille de ma 1ère participation, papi, l’homme que j’ai toujours adulé, m’a quitté, je me souviens encore de son regard, j’ai cru comprendre ce jour qu’il était heureux que je sois là ! Depuis le trail et la course à pied sont pour moi une sorte de moment où je suis avec lui. D’ailleurs ma médaille de finisher est avec lui sous Terre. Bon, c’est ton tour Christelle ma beegainé, racontes nous tout.

Christelle  : Comme pour beaucoup de runners, ma passion pour la course à pied est née à la suite d’un traumatisme : le décès de ma mère que j’ai accompagnée en fin de vie.

Yoann : C’est une force qui te permet d’aller plus loin

Christelle : J’avais pourtant un peu goûté à la discipline étant jeune : je pratiquais l’athlétisme à Isle (Haute-Vienne) quand j’étais au collège, mais je m’illustrais surtout dans le saut en hauteur et le saut en

longueur. Mon entraîneur m’avait inscrite sur quelques sprints en compétition. Mais mon attention

s’est vite tournée vers les sports collectifs et notamment le basket – un classique quand on habite

une ville comme Limoges où l’on avait de beaux modèles avec l’équipe du CSP, championne d’Europe

en 1993.

Mon amie Carole, rencontrée au Mans, m’a initiée à la course non sans mal : mes premières sorties

n’excédaient pas vingt minutes, lors desquelles je sprintais et finissais sur les genoux. Puis il y a eu le

décès de ma mère en 2006, la course est alors devenue une véritable addiction : j’en avais besoin

pour me vider la tête, extérioriser ma colère, m’évader, m’apaiser…

Mon arrivée en région parisienne a ensuite été comme un déclic. Je me suis inscrite dans un club en

2011 avant tout pour rencontrer du monde : celui des Foulées de Saint-Germain- en-Laye. Je me suis

alors laissé prendre au jeu. Si mon entraîneur Miguel m’a immédiatement orientée vers des dix

kilomètres que j’ai enchaînés avec pour objectif d’atteindre les quarante et une minutes, j’ai

découvert un soir avec un petit groupe de coureurs de mon club une discipline : le trail.

Je me souviendrai longtemps de cette sortie : Pascale, une traileuse aguerrie, m’avait parlé avec des

mots qui m’avaient fait écho : pas de stress, du plaisir, une communion avec la nature, pas de prises

de tête. Le parcours choisi ne pouvait que me séduire : nous sommes allés courir dans le Désert de

Retz. Ayant grandi dans une région avec de magnifiques forêts de châtaigniers et une campagne

riante, j’ai ressenti immédiatement un apaisement. Moi qui me sentais oppressée depuis mon

installation en région parisienne, je respirais enfin sereinement, contemplant la nature qui me

manquait tant. Ce soir-là, j’ai couru avec un sourire qui ne m’a jamais lâché. Sans le savoir, je venais

de mettre le pied dans un engrenage : le début d’une véritable passion. J’étais devenue

« trailaddict » !

J’ai ensuite enchaîné les courses, de petites distances dans un premier temps, puisque je ne

dépassais pas trente kilomètres. Mais je prenais à chaque fois un plaisir infini, quelle que soit la

météo – je pense notamment à mon tout premier trail, le Fun Trail, que nous avons couru dans la

boue avec mon amie Steph et un copain, Romain. Exit les chronos !

Même si les parcours sont parfois difficiles, je pense avoir toujours fini avec le sourire et les yeux

d’une enfant émerveillée. Le trail me permet de me recentrer, puis de m’évader. La nature m’apaise

et me réconforte. J’aime la simplicité et l’authenticité, des valeurs que bien des gens oublient

aujourd’hui pour se concentrer sur des futilités. Je suis une épicurienne.

Mes terrains de jeu favoris ? Les forêts, surtout celles du Limousin – mon côté chauvin certainement,

la moyenne montagne, le Var et les sentiers enneigés que j’ai découverts depuis peu lors d’un stage

de trail blanc au Mont Bessat avec Adevsport.

Mais un challenge m’a particulièrement marquée : le trail de l’Ultra-Marin en 2013. Certains diront

que ce n’est pas la course la plus difficile qui existe, qu’il n’y a pas beaucoup de dénivelé. Oui, c’est

vrai, mais c’est justement là que réside la principale difficulté. Il faut bien gérer le parcours, car

contrairement à un trail traditionnel, on ne marche pas dans les montées, on court presque tout le

temps. Mais c’était surtout ma première longue distance : 56 kilomètres, alors que je n’avais jamais

fait plus de trente kilomètres.

Cette course revêtait une importance bien particulière : mon amie Maryline, que je n’avais pas revue

depuis huit ans, avait perdu sa petite fille de quinze mois atteinte d’un cancer. Mes nombreux appels

restaient vains. Je voulais trouver un moyen de récolter des fonds pour le service d’oncologie de

l’hôpital. Je lui ai envoyé une lettre quelques semaines auparavant pour lui dire que je m’étais lancée

dans ce challenge.

Elle m’a alors appelée pour me dire qu’elle serait là, à l’arrivée. Je crois que cette nouvelle m’a donné

des ailes pendant toute la course : malgré la chaleur et la fatigue, je n’ai songé à aucun moment à

abandonner. Tout cela me semblait tellement dérisoire par rapport à ce qu’avait vécu mon amie !

J’ai d’ailleurs pleuré pendant la course à l’idée de la revoir et de la serrer dans mes bras à l’arrivée.

Et que dire du parcours ! Le Golfe du Morbihan est magnifique et je me suis régalée en appréciant de

splendides paysages. J’ai découvert aussi la solidarité et le partage entre les coureurs, des valeurs qui

comptent énormément pour moi. J’ai vécu cette aventure avec trois coureurs qui ont couru sur

quelques portions avec moi et que j’ai retrouvés à l’arrivée.

passion gainée

Pour la petite anecdote, je me rappelle avoir dit à mon amie que je serais là à 20 heures, pour

l’apéritif. Je n’y croyais alors pas. Je n’avais alors aucune idée de mon timing, n’ayant jamais parcouru

sur de telles distances, mais je trouvais l’horaire fun. Croyez-moi, je suis arrivée à 20 h 00 et quelques

secondes, soit six heures de course.

L’arrivée… Un moment inoubliable, qui me donne encore des frissons rien que d’y penser… Je me

rappelle avoir posé mon sac avant de franchir la ligne pour montrer le tee-shirt que je portais en

l’honneur de mon amie. Puis nos retrouvailles, cette émotion indescriptible, cette amitié si forte…

La cerise sur le gâteau a été quand le speaker a annoncé que j’avais remporté la course dans ma

catégorie : je ne peux dire la fierté que j’ai eue de pouvoir monter sur le podium afin de dire

quelques mots pour mon amie.

Cette course symbolise toutes les valeurs auxquelles j’accorde de l’importance, et dans les moments

difficiles, que ce soit lors d’une compétition ou dans la vie, je repense à cette belle arrivée : cela me

donne des ailes et me rend plus forte…

Yoann : Christelle merci pour ce partage, j’en frissonne encore… Je te serre fort <3

Love Run Plank & Trail

Son dernier article Trail : https://beerunneuse.com/2017/04/18/le-trail-de-lauzance-quand-le-plaisir-devient-performance/

En plus, elle fait du gainage 😀