marathon de poitiers

Nicolas est partie voir les Lapins Crétins sur le Marathon de Poitiers

Vous savez quoi ? Je ne suis pas allée au Marathon Poitiers par contre j’ai fait gagné un dossard et Nicolas a été l’heureux élu
Il nous raconte SON MARATHON, c’était épique et j’ai vraiment kiffé lire son Compte Rendu car il est unique.

marathon de paris

Je te laisse la parole mon Nico mon petit oiseau de belleville, Adidas Runners LaVillette !

Petit retour sur la marathon de Poitiers.

Un peu plus d’un mois de préparation et de contraintes alimentaires pour être au top pour mon premier marathon. J’avais envisagé plusieurs éventualités, mais celle-ci ne faisait pas partie du panel…

6h30 je me fais un p’tit dèj léger et me rends au point de rdv pour prendre la navette qui m’emmènera au départ.

Je rencontre @torreto78 de Champs Élysées en mode foufou, ça fait plaisir de rencontrer la famille AR Runners ^^

Le semi part à 8h15, la taille de la queue au toilettes augmente en même temps que la pression, je me dis que je pisserai plus tard…

La demi-heure suivante passe vite comme si le temps avait été accéléré et c’est déjà le départ. J’ai oublié ma montre à l’hôtel alors je vais essayer de courir au feeling, mais je lance quand même runtastic pour avoir des stats.

1er km 04:36, 2ème 04:21, 3ème 04:32, 4ème 04:34, 5ème 04:35. Je me sens bien je ne force pas. Parti dans le sas 3h45 je suis devant les meneurs d’allure en 3h15. 6ème km 04:32, 7ème 04:27, 8ème 04:28, 9ème 04:30, 10ème 04:35, 11ème 04:16. Le terrain est roulant et mis à part quelques faux plats pas de difficultés particulières, si ce n’est le soleil qui commence à sérieusement taper. Des ravitos d’eau ont été rajoutés sur le parcours et je m’hydrate systématiquement. Des gobelets de glucose sont aussi proposés tous les 5 km, j’en prends histoire de ne pas avoir de coup de mou, je n’aurai pas dû, ils vont me retourner l’estomac (ne JAMAIS prendre un produit non testé avant la course…)

12ème km 04:08, 13ème 04:17, 14ème 04:36, 15ème 04:12, je commence à avoir envie de pisser sérieusement… 16ème km 04:48, j’ai l’impression de commettre un exploit, j’y crois en tout cas à mon 3h30 voir moins. 17ème km 04:54.

Je m’arrête pour pisser au 18ème, je peux me le permettre, j’ai de l’avance sur mes prévisions. Je m’arrête derrière un arbre, et au moment où je commence à pisser j’ai l’estomac tellement en vrac avec le glucose et l’eau fraîche par cette chaleur que ça ne sort pas que par devant (et oui, maintenant qu’on se connaît et bien je vous raconte tout 😊). Je serre les fesses mais trop tard, j’ai un peu de merdouille au cul.

Je me dis que c’est pas grave, que j’ai fermé les vannes à temps et que tant que ça coule pas le long de ma cuisse c’est cool…😁 C’est donc reparti mais je suis un peu gêné quand même ^^.

18ème km 05:07, 19ème 04:57, 20ème 04:53, 21ème 05:00.

Bref, le semi est bouclé en 01:36:30 sans souffrance particulière alors que sur le semi de Paris ou je m’étais mis dans le rouge j’avais mis 01:34:17. Je me dis que l’entraînement ça paie mais c’est maintenant que la galère commence…
22ème 05:00, avec l’humidité dans la raie et le frottement je suis irrité et à chaque foulée j’ai l’impression qu’on me verse du piment de Cayenne dans le Fillon… 23ème 05:16, 24ème 06:17. J’ai une ampoule sous le pied droit qui commence à me faire souffrir pourtant j’ai mis de la crème anti-frottement aptonia. Je me dis que je n’achèterai plus cette daube…

25ème 06:21, 26ème 05:40, 27ème 05.56. Je suis dans le mal mais je me dis que rien n’est perdu, la chaleur fait mal (31 degrés à l’ombre) et les malaises se multiplient.

Je continue : 28ème 05:36. J’ai un début de crampe au mollet gauche. Je m’arrête pour marcher sur 150 mètres et maintenant la flamme du 3h30 est devant moi. Je repars et essaie de la suivre, impossible, j’ai mal mais hors de question de m’être déplacé pour rien.

Une crampe à l’ischio gauche. Génial ! Il ne manquait plus que ça… A partir du 29ème je m’arrête tous les km pour marcher, la batterie de mon téléphone n’a pas trop aimé la chaleur et m’a lâchée.

Plus que 12 km, une petite heure max dans de bonnes conditions, sauf que là j’ai juste envie de mourir… Je me fais dépasser par la flamme des 3h30, puis plus tard par celle des 3h45. J’ai le moral dans les chaussettes.

Aujourd’hui c’est la fête des mères, je sais que la mienne me regarde de là-haut, alors je ferai en sorte qu’elle soit fière de moi.

Au 37ème km je marche plus que je ne cours, mes jambes me portent à peine et j’ai mal partout. Je rencontre Romuald, un coureur dans la même souffrance qui en est à son 6ème marathon. On s’encourage mutuellement et on avance tant bien que mal sur environ 2 km. Vers le 40ème il repart et me laisse derrière.

Les supporters m’encouragent, « allez, c’est bientôt fini, c’est dans la tête « . C’est sympa mais je me dis quand même « bande de bâtards, c’est dans la tête ? Alors levez vos culs et faites-le au lieu de parler ! »

J’ai tellement de mal à avancer que je cours à reculons (un marathon en moonwalk c’est stylé non…? 😁). Les gens me regardent comme un extraterrestre mais ça me soulage sur 500 mètres puisque les muscles sollicités ne sont plus les mêmes.

Il me reste un km et je me mets à chialer comme un gosse, j’en ai chié dans tous les sens du terme, y’a pas à dire mais je ne suis pas encore arrivé. Je trottine comme je peux…

500 mètres de l’arrivée je vois l’arche au loin, et là je ne sais pas d’où je tire cette énergie mais avec les encouragements du publics je tape un pseudo sprint et dépasse des coureurs en slalomant, je franchis la ligne d’arrivée et là toute la pression retombe. Je me laisse tomber dans l’herbe et me remets à chialer de frustration et de soulagement. Un reporter qui me voit vient m’interviewer et me demande si je compte refaire un marathon. Je lui dit que non, en tout cas pas pour le moment, peut-être avec un peu plus de recul, et encore…

J’ai ma médaille, je suis marathonien en 4h23 alors que mon objectif était 3h30, pour moi c’est une demi-victoire, mais vu que je n’aime pas rester sur une défaite, qui sait, peut-être qu’un jour je remettrai ça…

Il a bien récupérer… Je te jure.

Je vous dis à très vite, encore une histoire de runner à raconter