Run Marathon of Berlin

Hey Marathonien Gainé,

J’espère que tout roule pour toi moi, j’étais au marathon du DUBLIN le mois dernier pour un SUB 4h avec la Belle MAMAN. ça FARTE ? Au Calme comme dirait BRICE de NICE qui a beaucoup aidé la DIO à toucher les étoiles lors de son MARATHON OF BERLIN

ELLE vous raconte son KIFFE

Le marathon de Berlin était il y a environ un mois. J’ai mis du temps à écrire ce CR – le temps de redescendre de la course, de revenir à Paris, de récupérer physiquement et mentalement, de recommencer à courir et puis finalement de m’inscrire à un nouveau marathon (Rotterdam). Aujourd’hui je sais que je participerai au marathon de Berlin en 2018, alors même que je me suis toujours dit que je ne participerai jamais à une course deux fois de suite. Et pourtant… J’espère que ce compte-rendu vous permettra de comprendre à quel point le marathon de Berlin est une course exceptionnelle et vous donnera peut-être envie d’y participer à votre tour.

Pour situer le contexte, j’apprends tout début septembre avoir été tirée au sort pour gagner un dossard au marathon de Berlin. Woooooww – je n’ai couru qu’un seul marathon pour l’instant, celui du Mont St Michel, en un peu plus de 3h55, après une prépa de 12 semaines. Néanmoins, je me sens en forme, après 2 mois de vacances, et je décide de relever le défi : courir un marathon après une prépa d’environ 3 semaines. Je demande conseil à plusieurs amis de AR Odéon, dont mon lapin gainé préféré et je comprends que je vais passer 3 semaines à enchaîner les fractionnés (un court et un long par semaine), les sorties longues et un gros travail d’allure ayant pour objectif de terminer le marathon en 3h45. Je n’ai pas envie de trop me fatiguer, je décide donc de troquer mes longues séances de renfo pour des sessions de 15 minutes de gainage inspirées du programme de Yoann tous les jours (et je peux vous dire que 15 min de gainage par jour permet d’obtenir plus de résultats qu’enchaîner les abdos !)

24 jours plus tard nous y voilà : 24 septembre 2017, BMW Berlin Marathon. Depuis quelques jours, la ville est en effervescence, les coureurs sont partout, reconnaissables à leurs sacs bleus. Le marathon de Berlin est un événement incontournable : c’est là que le record du monde a été établi par Dennis Kimetto en 2014 ; c’est là que Eliud Kipchoge, Wilson Kipsang et Kenenisa Bekele tenteront de décrocher un nouveau record mondial. Kipchoge l’a officieusement battu lors de l’initiative Nike breaking 2 et les pronostics vont bon train. De mon côté, je suis à Berlin depuis quelques jours et je marche pas mal pour me calmer car le stress commence à monter et un soucis de dossard me fait vraiment paniquer. L’équipe AR Berlin a organisé de nombreux événements : movie night, pasta party à la run base, etc. Je rencontre d’autres runners, je retrouve des runners parisiens et j’essaie de ne pas (trop) stresser et de boire le plus possible…

23 septembre 2017, mon race pack est prêt :

  • Nike Pegasus (j’adore ce modèle sur marathon, légères avec un bon amorti)
  • Chaussettes de compression X Bionic (top niveaux compression, aucune courbature aux mollets après le marathon du Mont St Michel) et crème Nok pour éviter les ampoules
  • Short de running Lululemon, génial car plein de poches pour les gels
  • Brassière Nike sans couture pour maintenir la poitrine en évitant les ampoules
  • Tshirt AR <3
  • Gels de la marque Punch Power – pas trop mauvais, testés à l’entraînement, bio, sans gluten, avec un peu de sel pour compenser le sel perdu via la transpiration
  • Montre tomtom chargée

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J’ai du mal à dormir, hâte de voir si courir un marathon avec 3 semaines de prépa permet d’obtenir de bons résultats…

24 septembre 2017 – 5h : je déguste un délicieux petit déjeuner, à base de lait de soja, banane, flocons d’avoine et muesli protéiné (flocons de soja et fruits). Je suis censée retourner dormir mais impossible de trouver le sommeil. Vers 7h je quitte l’auberge de jeunesse pour aller retrouver les runners AR, qui ont privatisé une salle dans la Haus Der Kulturen Der Welt, à deux pas de la ligne de départ. Le métro est rempli de participants arborant déjà dossards, ceintures à gels et autres camelbacks. En se rapprochant de la ligne de départ, on sent que les runners sont là pour faire un chrono, très peu sont déguisés et la tension monte. La base AR running est top, le DJ et les ateliers tresses et maquillage détendent bien l’atmosphère. Après la photo de famille je laisse mes affaires au vestiaire et retrouve le pacing groupe AR 3h45.

9h : on est sur la ligne de départ. C’est incroyable, je n’ai jamais participé à une course aussi importante – plus de 45000 participants. Des écrans géants diffusent le départ des Kenyans, c’est impressionnant : leur foulée est économique au possible, ils semblent flotter dans les airs de façon imperturbable, presque comme si courir à plus de 20km/h sur une telle distance n’exigeait d’eux aucun effort. Et puis sans même m’en rendre compte il est 9h30 et on s’élance dans la grande allée du Tiergarten…

Au dixième kilomètre, je réalise que la pacer AR est à un rythme de 5’10/km – c’est-à-dire une allure beaucoup plus rapide que le 5’20 nécessaire pour finir la course en 3h45. Je vérifie : elle porte bien un t-shirt 3h45. Sur le moment je panique un peu, partir trop vite est vraiment l’erreur à ne pas faire sur marathon, je l’ai lu tellement de fois, j’ai tellement d’amis qui ont eu du mal à finir un marathon après un départ trop rapide. J’essaie de me connecter à mes sensations et globalement ça va – après le premier quart je ne suis pas fatiguée, le stress a disparu, cette allure me convient et je me sens bien. Je décide donc de prendre le risque de tenir cette allure – on verra bien…

On ne m’avait pas menti : le parcours est très plat, très roulant, aucun dénivelé ne vient casser mon rythme. Je cours sans musique et l’ambiance est au rendez-vous malgré la pluie et le froid (un peu moins de 20 degrés). Les Berlinois sont nombreux à encourager les coureurs, les fanfares et orchestres rythment le parcours et les rues très longues et droites offrent une superbe visite des nombreux quartiers de la capitale allemande. Seul bémol : les ravitos sont un véritable bordel, à chaque fois je suis obligée de ralentir à cause du monde et de l’eau par terre (l’eau est distribuée via des gobelets que les participants jettent par terre ce qui rend la chaussée très glissante). Néanmoins, je ne m’arrête pas aux ravitos – j’ai mes propres gels et une bouteille de 50cL. Je prends une gorgée de gel toutes les 20 minutes, afin de garantir un apport en sucre continu et de prévenir l’effet coup de bambou (un souci que j’avais eu lors de mon précédent marathon, où je prenais un gel/heure et où au 30eme km je n’avais plus la moindre énergie…)

J’arrive déjà au semi – la foule se fait plus dense, on se sent vraiment porté et encouragé, c’est incroyable. J’attrape une demi banane au ravito, que je grignote à la place de mon gel. Ça passe plutôt bien, toujours aucune sensation de fatigue mais je ralentis un peu et je perds la pacer. Alors que je maintenais une allure autour 5’10, je passe à 5’15 – je mets ça sur le compte de mon départ trop rapide mais je reste confiante, mon objectif reste 3h45 et j’ai de la marge. J’ai envie de maintenir une allure à laquelle je me sens bien. On revient vers le centre de Berlin progressivement et il y a de plus en plus de supporters, c’est vraiment agréable de se sentir à ce point porté par la foule.

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Vers le 25eme km, la pacer 3h45 officielle de la course me dépasse, entourée d’une nuée de coureurs sur ses talons. D’un coup je me mets à stresser : et si j’avais déjà perdu l’avance accumulée ? Et si ma montre avait buggé ? Et si en fait mon objectif de 3h45 était en train de me dépasser ? Je choisis donc de quitter l’allure un peu plus lente que j’avais adopté pour coller au train du drapeau 3h45 de la pacer. D’un coup le marathon devient moins agréable. J’arrive à suivre l’allure mais cela me demande un effort plus soutenu. Surtout, de nombreux coureurs suivent à la trace la pacer 3h45 et ça joue des coudes. Alors que j’avais noté au marathon du Mont St Michel une vraie solidarité entre les coureurs, à Berlin les participants sont là pour leur chrono et n’hésitent pas à doubler sans prévenir, à frôler sans s’excuser et à lâcher des « fucks » quand ils se font dépasser. Au 28eme km, un ravito nous oblige à ralentir, pacer inclue. J’ai encore un peu d’eau et j’en ai marre de courir au sein du troupeau de runners qui colle aux basques de la pacer. J’en profite donc pour accélérer un peu et retrouver un environnement moins oppressant. Là encore, je me dis que je ferai moins la maligne en rencontrant le mur du marathon un peu plus loin, mais je prends le risque. Au pire, la pacer me redépassera plus tard…

En passant devant le panneau « 31 km » j’ai un choc. « Déjà ? Déjà 31 km ? Woow mais c’est bientôt fini en fait… Je me sens bien en fait. J’ai mal nulle part, les quadri ça va, le dos aussi… Et puis surtout je m’amuse et je me sens vraiment eu top… Et si j’accélérais pour voir ? » Je fais taire l’autre petite vois qui me dit que je suis dingue, qu’accélérer serait une énorme connerie et qu’il me reste encore 11 bornes pour m’éclater contre le mur du marathon. Je pense à ma prépa express, à tous les fractionnés longs que j’ai dû bouffer, à tous les efforts que j’ai fournis, au parcours du combattant pour pouvoir accrocher ce dossard. Je pense aussi à d’autres trucs, plus personnels et plus lointains, qui m’ont incité à me mettre à la course à pied et qui me poussent à courir aujourd’hui et c’est décidé – j’accélère.

Et bizarrement mon corps réagit très bien. Je retrouve les mêmes sensations qu’aux fractionnés : l’élan de réussir à relancer la machine, de passer d’une phase lente à une phase plus rapide. Je passe à une allure en dessous de 5’/km, ce qui est pour moi, à mon niveau, vraiment rapide. Je n’en reviens pas moi-même. Je me demande comment c’est possible, alors qu’à mon premier marathon c’est justement vers le 30eme km que j’avais du considérablement ralentir. Je continue de prendre des gels et je tente de me ravitailler en eau mais avec les gobelets c’est vraiment difficile. Je ralentis au 35eme km à cause de ça : c’est la cohue pour attraper un gobelet, il y a de l’eau partout à terre… Je me rappelle les conseils qu’on m’a donnée et je décide que je peux finir ce marathon sans m’arrêter encore – un sub 3h40 me semble à porter de main (ou plutôt de jambes) et j’accélère de nouveau – là encore, mon corps ne bronche pas.

37eme km : la fanbase Adidas ! Jamais personne ne m’avait acclamé comme ça, j’ai l’impression d’être une star ! C’est fou et ça me donne tellement de force ! Je consulte ma montre de temps en temps et j’hallucine complètement en voyant que j’arrive à tenir une allure autour de 4’50 – à chaque panneau je vérifie bien qu’on est au 38eme km et non au 28eme… Je ne comprends pas d’où vient ce shoot d’endorphines mais je me sens incroyablement bien et je double pas mal de monde, alors que mon premier marathon c’était complètement l’inverse. Je ralentis un peu autour du 40eme, mais les encouragements de la foule me poussent à accélérer encore. Enfin, au 41eme, au détour d’un virage je vois le Brandenburger Tor – la ligne d’arrivée. Ça devient vraiment dur mais je serre les dents et j’accélère, pour passes la ligne d’arrivée en 3h37.

 

Je marche un peu, je n’en reviens pas. Je marche un peu, mes muscles sont raides mais je n’ai pas de douleur particulière. Je récupère ma bière (sans alcool évidemment…) et le poncho anti-froid. L’émotion me submerge : 3h37 et non 3h45, après une prépa en 3 semaines, ça tient quasiment du miracle – je sais que je referai ce marathon, dès 2018 si possible !

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Quelques conseils pour réussir votre marathon :

  • Pensez à tester votre matériel et vos ravitos longtemps en amont

  • Préférez une gorgée de gel toutes les 20min plutôt que 1 toutes les heures (ça dépend des gens)

  • Pensez à vous hydratez pendant la course, et renseignez-vous (vidéos youtube, CR) pour savoir s’il s’agit de gobelets ou de bouteilles

  • Sautez le dernier ravito en eau peut toutefois vous permettre de gagner de précieuses secondes…

  • Pendant la prépa, pour ne pas trop se fatiguer, 15min/jour de gainage valent mieux que de grosses séances de renfo très fatigantes

  • Le fractionné long c’est la clef de la réussite ! Vive les 5 x 2000m ! 😀

MERCI DIO POUR LE CR merci à vous les lapins de nous lire

MERCI THIERRY