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marathon de poitiers

Nicolas est partie voir les Lapins Crétins sur le Marathon de Poitiers

Vous savez quoi ? Je ne suis pas allée au Marathon Poitiers par contre j’ai fait gagné un dossard et Nicolas a été l’heureux élu
Il nous raconte SON MARATHON, c’était épique et j’ai vraiment kiffé lire son Compte Rendu car il est unique.

marathon de paris

Je te laisse la parole mon Nico mon petit oiseau de belleville, Adidas Runners LaVillette !

Petit retour sur la marathon de Poitiers.

Un peu plus d’un mois de préparation et de contraintes alimentaires pour être au top pour mon premier marathon. J’avais envisagé plusieurs éventualités, mais celle-ci ne faisait pas partie du panel…

6h30 je me fais un p’tit dèj léger et me rends au point de rdv pour prendre la navette qui m’emmènera au départ.

Je rencontre @torreto78 de Champs Élysées en mode foufou, ça fait plaisir de rencontrer la famille AR Runners ^^

Le semi part à 8h15, la taille de la queue au toilettes augmente en même temps que la pression, je me dis que je pisserai plus tard…

La demi-heure suivante passe vite comme si le temps avait été accéléré et c’est déjà le départ. J’ai oublié ma montre à l’hôtel alors je vais essayer de courir au feeling, mais je lance quand même runtastic pour avoir des stats.

1er km 04:36, 2ème 04:21, 3ème 04:32, 4ème 04:34, 5ème 04:35. Je me sens bien je ne force pas. Parti dans le sas 3h45 je suis devant les meneurs d’allure en 3h15. 6ème km 04:32, 7ème 04:27, 8ème 04:28, 9ème 04:30, 10ème 04:35, 11ème 04:16. Le terrain est roulant et mis à part quelques faux plats pas de difficultés particulières, si ce n’est le soleil qui commence à sérieusement taper. Des ravitos d’eau ont été rajoutés sur le parcours et je m’hydrate systématiquement. Des gobelets de glucose sont aussi proposés tous les 5 km, j’en prends histoire de ne pas avoir de coup de mou, je n’aurai pas dû, ils vont me retourner l’estomac (ne JAMAIS prendre un produit non testé avant la course…)

12ème km 04:08, 13ème 04:17, 14ème 04:36, 15ème 04:12, je commence à avoir envie de pisser sérieusement… 16ème km 04:48, j’ai l’impression de commettre un exploit, j’y crois en tout cas à mon 3h30 voir moins. 17ème km 04:54.

Je m’arrête pour pisser au 18ème, je peux me le permettre, j’ai de l’avance sur mes prévisions. Je m’arrête derrière un arbre, et au moment où je commence à pisser j’ai l’estomac tellement en vrac avec le glucose et l’eau fraîche par cette chaleur que ça ne sort pas que par devant (et oui, maintenant qu’on se connaît et bien je vous raconte tout 😊). Je serre les fesses mais trop tard, j’ai un peu de merdouille au cul.

Je me dis que c’est pas grave, que j’ai fermé les vannes à temps et que tant que ça coule pas le long de ma cuisse c’est cool…😁 C’est donc reparti mais je suis un peu gêné quand même ^^.

18ème km 05:07, 19ème 04:57, 20ème 04:53, 21ème 05:00.

Bref, le semi est bouclé en 01:36:30 sans souffrance particulière alors que sur le semi de Paris ou je m’étais mis dans le rouge j’avais mis 01:34:17. Je me dis que l’entraînement ça paie mais c’est maintenant que la galère commence…
22ème 05:00, avec l’humidité dans la raie et le frottement je suis irrité et à chaque foulée j’ai l’impression qu’on me verse du piment de Cayenne dans le Fillon… 23ème 05:16, 24ème 06:17. J’ai une ampoule sous le pied droit qui commence à me faire souffrir pourtant j’ai mis de la crème anti-frottement aptonia. Je me dis que je n’achèterai plus cette daube…

25ème 06:21, 26ème 05:40, 27ème 05.56. Je suis dans le mal mais je me dis que rien n’est perdu, la chaleur fait mal (31 degrés à l’ombre) et les malaises se multiplient.

Je continue : 28ème 05:36. J’ai un début de crampe au mollet gauche. Je m’arrête pour marcher sur 150 mètres et maintenant la flamme du 3h30 est devant moi. Je repars et essaie de la suivre, impossible, j’ai mal mais hors de question de m’être déplacé pour rien.

Une crampe à l’ischio gauche. Génial ! Il ne manquait plus que ça… A partir du 29ème je m’arrête tous les km pour marcher, la batterie de mon téléphone n’a pas trop aimé la chaleur et m’a lâchée.

Plus que 12 km, une petite heure max dans de bonnes conditions, sauf que là j’ai juste envie de mourir… Je me fais dépasser par la flamme des 3h30, puis plus tard par celle des 3h45. J’ai le moral dans les chaussettes.

Aujourd’hui c’est la fête des mères, je sais que la mienne me regarde de là-haut, alors je ferai en sorte qu’elle soit fière de moi.

Au 37ème km je marche plus que je ne cours, mes jambes me portent à peine et j’ai mal partout. Je rencontre Romuald, un coureur dans la même souffrance qui en est à son 6ème marathon. On s’encourage mutuellement et on avance tant bien que mal sur environ 2 km. Vers le 40ème il repart et me laisse derrière.

Les supporters m’encouragent, « allez, c’est bientôt fini, c’est dans la tête « . C’est sympa mais je me dis quand même « bande de bâtards, c’est dans la tête ? Alors levez vos culs et faites-le au lieu de parler ! »

J’ai tellement de mal à avancer que je cours à reculons (un marathon en moonwalk c’est stylé non…? 😁). Les gens me regardent comme un extraterrestre mais ça me soulage sur 500 mètres puisque les muscles sollicités ne sont plus les mêmes.

Il me reste un km et je me mets à chialer comme un gosse, j’en ai chié dans tous les sens du terme, y’a pas à dire mais je ne suis pas encore arrivé. Je trottine comme je peux…

500 mètres de l’arrivée je vois l’arche au loin, et là je ne sais pas d’où je tire cette énergie mais avec les encouragements du publics je tape un pseudo sprint et dépasse des coureurs en slalomant, je franchis la ligne d’arrivée et là toute la pression retombe. Je me laisse tomber dans l’herbe et me remets à chialer de frustration et de soulagement. Un reporter qui me voit vient m’interviewer et me demande si je compte refaire un marathon. Je lui dit que non, en tout cas pas pour le moment, peut-être avec un peu plus de recul, et encore…

J’ai ma médaille, je suis marathonien en 4h23 alors que mon objectif était 3h30, pour moi c’est une demi-victoire, mais vu que je n’aime pas rester sur une défaite, qui sait, peut-être qu’un jour je remettrai ça…

Il a bien récupérer… Je te jure.

Je vous dis à très vite, encore une histoire de runner à raconter

de trail

Les 50 nuances de Trail pour la semaine de l’amour

C’est la semaine de l’amour et je suis tombé in love de trail il y 2 ans déjà. Je voulais te raconter une petite histoire d’amitié avec camilloute alias camdewoods, ma petite blogueuse trail running tout gainé d’amour.

Elle nous raconte ses 50 nuances d’amour pour le trail, la vie et l’écriture…

Raconte nous mère castor gainé du trail

trail

En quoi le trail running a changé ton quotidien ?

Je m’épanouie beaucoup plus dans la pratique du trail. Que ce soit par l’environnement qui me correspond plus puisque je suis très nature/montagne que par la pratique en elle-même qui est moins monotone avec des changements de terrains, de dénivelés etc… Bien entendu vivant à Paris je continue tout de même à courir sur bitume et à faire quelques courses avec les copains !

T’es qui TOI, qu’est ce que tu fais dans ta vie ?

Née dans un petit village Corrézien j’ai grandi en région parisienne, loin de la nature et des limousines. Je garde tout de même un lien très fort avec les grands espaces et y retourne dès que possible. D’où mon amour pour la randonnée et le trail notamment. Sports que je pratique aussi par besoin et passion du dépassement. Un dépassement de mes capacités, pas des autres. Mais c’est bien gentil d’être une pile électrique, je suis aussi à la recherche de bien-être et de zénitude. Et tout ça, le sport, le bien-être, mes défis, mes blagues potaches, j’adore le partager sur mon compte instagram et mon blog !

C’est quoi tes objectifs de l’année 2018

J’ai deux gros objectifs pour ce début d’année … le Trail Sainte Victoire, un 60km avec 3000D+. De loin mon plus gros trail, je ne réalise toujours pas que j’ai pris mon dossard sur un coup de folie !

Scoop. Je ne l’ai pas encore annoncé officiellement. Je suis encore un peu en stress alors c’est l’occasion de balancer un petit scoop… Je pars pour 1 mois et demi de randonnée sur le chemin de Compostelle l’été prochain. Les congés sont posés, le planning s’organise et le trouillomètre va pas tarder à s’activer !

Trop je kiffe j’attends les tofs avec impatience, trop de love déjà !

Tes peurs, tes réussites en 2017, tes forces.

Mes peurs ? ma plus grande peur sportive est de me blesser… je sais que je malmène parfois un peu mon corps, je fais au max pour le chouchouter aussi histoire qu’on reste bons copains. Mais à force de voir tous les autres se faire des bobos je stress parfois un peu…Alors en 2017 je me suis fais quelques frayeurs, des petites douleurs par ci par là et cela m’a clairement donné envie de favoriser la récup et un peu plus de bien être en 2018.

Mes réussites… de belles lignes d’arrivée avec deux trails assez challengeants pour moi :

Le Trail des Passerelles de Monteynard ( http://camdewoods.com/compte-rendu-du-trail-des-passerelles-du-monteynard-39km/) en juillet 2017. Mon premier vrai gros trail, de 40kms. Un paysage de folie, 7h à kiffer mais aussi à en chiez. Et une fierté sans nom à l’arrivée.

La SaintExpress (http://camdewoods.com/saintexpress-44km-saintelyon-2017/) qui m’a fait bien flippé mais bon au final…j’ai passé la ligne d’arrivée aussi et j’étais hyper heureuse !

Comment vois tu le trail en 2018 ?

En 2018, je continue à apprendre du trail. Pour l’instant je pratique le trail depuis à peine 2 ans et j’ai énormément de choses à apprendre. C’est une discipline très complète, qui demande aussi de la technique et il est parfois difficile de s’entraîner sur Paris…au-delà du plaisir j’ai aussi envie de progresser et de m’attaquer à des distances plus élevées. Comme le 60km^^

Bah je t’accompagne dans ta prépa si tu veux choubinette 

On se connait depuis quand déjà ?

On s’est rencontré au sein du groupe Boost Bir Hakeim désormais »adidas runners birhakeim »…ça ne nous rajeunit pas tout ça dis donc ! Déjà 4 ans qui tu fractures les yeux des gens avec ta beauté naturelle.

Pour le blog ? ça t’aide en quoi d’écrire ? Tu peux dire que tu es une influenceuse ?

J’adore écrire, je voulais être écrivaine quand j’étais gamine. N’allons pas jusqu’à dire qu’un blog vaut une trilogie à la Harry Potter ! Mais c’est déjà un petit début non ? Je m’amuse comme une petite folle en racontant mes aventures, en donnant des conseils et en partageant mes petites histoires à droite à gauche. Pour être honnête je ne pensais pas recevoir autant de retours aussi positifs de pleins d’inconnus qui ont l’air de s’éclater aussi en me lisant…du coup je continue. J’y partage en priorité des sujets sur les sports outdoor, le bien-être, la bouffe…Mais pour être honnête je pars un peu dans tous les sens, au gré de ce qui me passionne. J’aime aussi me sentir « utile » à mon tout tout petit niveau et pouvoir par exemple valoriser la randonnée ou le développement durable.

Elle ne veut pas ce l’avouer mais c’est un conteuse moderne en fait

Merci ma Camilloute pour ses mots. Les filles, lancez vous dans le trail vous allez kiffer de ouf malade. C’est un passage obligé quand tu es coureur. Perso j’en ai fait mon cheval de bataille. On est tellement dans la nature. Et comme tu sais je prépare un Ultra cette année. Si tu te poses la question duquel ? Bah j’ai choisit le Mercantour cette année. J’avais kiffé le premier ‘la Maxi Race 83 5200 D+ » à Annecy & « la Transkarukera 90 5000D+ » en Guadeloupe. 

C’était Camille alias 

camdewoods

 

Prochain Article la semaine pro ! On parlera du marathon du futuroscope après ce kiffe de trail

Run Marathon of Berlin

Hey Marathonien Gainé,

J’espère que tout roule pour toi moi, j’étais au marathon du DUBLIN le mois dernier pour un SUB 4h avec la Belle MAMAN. ça FARTE ? Au Calme comme dirait BRICE de NICE qui a beaucoup aidé la DIO à toucher les étoiles lors de son MARATHON OF BERLIN

ELLE vous raconte son KIFFE

Le marathon de Berlin était il y a environ un mois. J’ai mis du temps à écrire ce CR – le temps de redescendre de la course, de revenir à Paris, de récupérer physiquement et mentalement, de recommencer à courir et puis finalement de m’inscrire à un nouveau marathon (Rotterdam). Aujourd’hui je sais que je participerai au marathon de Berlin en 2018, alors même que je me suis toujours dit que je ne participerai jamais à une course deux fois de suite. Et pourtant… J’espère que ce compte-rendu vous permettra de comprendre à quel point le marathon de Berlin est une course exceptionnelle et vous donnera peut-être envie d’y participer à votre tour.

Pour situer le contexte, j’apprends tout début septembre avoir été tirée au sort pour gagner un dossard au marathon de Berlin. Woooooww – je n’ai couru qu’un seul marathon pour l’instant, celui du Mont St Michel, en un peu plus de 3h55, après une prépa de 12 semaines. Néanmoins, je me sens en forme, après 2 mois de vacances, et je décide de relever le défi : courir un marathon après une prépa d’environ 3 semaines. Je demande conseil à plusieurs amis de AR Odéon, dont mon lapin gainé préféré et je comprends que je vais passer 3 semaines à enchaîner les fractionnés (un court et un long par semaine), les sorties longues et un gros travail d’allure ayant pour objectif de terminer le marathon en 3h45. Je n’ai pas envie de trop me fatiguer, je décide donc de troquer mes longues séances de renfo pour des sessions de 15 minutes de gainage inspirées du programme de Yoann tous les jours (et je peux vous dire que 15 min de gainage par jour permet d’obtenir plus de résultats qu’enchaîner les abdos !)

24 jours plus tard nous y voilà : 24 septembre 2017, BMW Berlin Marathon. Depuis quelques jours, la ville est en effervescence, les coureurs sont partout, reconnaissables à leurs sacs bleus. Le marathon de Berlin est un événement incontournable : c’est là que le record du monde a été établi par Dennis Kimetto en 2014 ; c’est là que Eliud Kipchoge, Wilson Kipsang et Kenenisa Bekele tenteront de décrocher un nouveau record mondial. Kipchoge l’a officieusement battu lors de l’initiative Nike breaking 2 et les pronostics vont bon train. De mon côté, je suis à Berlin depuis quelques jours et je marche pas mal pour me calmer car le stress commence à monter et un soucis de dossard me fait vraiment paniquer. L’équipe AR Berlin a organisé de nombreux événements : movie night, pasta party à la run base, etc. Je rencontre d’autres runners, je retrouve des runners parisiens et j’essaie de ne pas (trop) stresser et de boire le plus possible…

23 septembre 2017, mon race pack est prêt :

  • Nike Pegasus (j’adore ce modèle sur marathon, légères avec un bon amorti)
  • Chaussettes de compression X Bionic (top niveaux compression, aucune courbature aux mollets après le marathon du Mont St Michel) et crème Nok pour éviter les ampoules
  • Short de running Lululemon, génial car plein de poches pour les gels
  • Brassière Nike sans couture pour maintenir la poitrine en évitant les ampoules
  • Tshirt AR <3
  • Gels de la marque Punch Power – pas trop mauvais, testés à l’entraînement, bio, sans gluten, avec un peu de sel pour compenser le sel perdu via la transpiration
  • Montre tomtom chargée

marathon

J’ai du mal à dormir, hâte de voir si courir un marathon avec 3 semaines de prépa permet d’obtenir de bons résultats…

24 septembre 2017 – 5h : je déguste un délicieux petit déjeuner, à base de lait de soja, banane, flocons d’avoine et muesli protéiné (flocons de soja et fruits). Je suis censée retourner dormir mais impossible de trouver le sommeil. Vers 7h je quitte l’auberge de jeunesse pour aller retrouver les runners AR, qui ont privatisé une salle dans la Haus Der Kulturen Der Welt, à deux pas de la ligne de départ. Le métro est rempli de participants arborant déjà dossards, ceintures à gels et autres camelbacks. En se rapprochant de la ligne de départ, on sent que les runners sont là pour faire un chrono, très peu sont déguisés et la tension monte. La base AR running est top, le DJ et les ateliers tresses et maquillage détendent bien l’atmosphère. Après la photo de famille je laisse mes affaires au vestiaire et retrouve le pacing groupe AR 3h45.

9h : on est sur la ligne de départ. C’est incroyable, je n’ai jamais participé à une course aussi importante – plus de 45000 participants. Des écrans géants diffusent le départ des Kenyans, c’est impressionnant : leur foulée est économique au possible, ils semblent flotter dans les airs de façon imperturbable, presque comme si courir à plus de 20km/h sur une telle distance n’exigeait d’eux aucun effort. Et puis sans même m’en rendre compte il est 9h30 et on s’élance dans la grande allée du Tiergarten…

Au dixième kilomètre, je réalise que la pacer AR est à un rythme de 5’10/km – c’est-à-dire une allure beaucoup plus rapide que le 5’20 nécessaire pour finir la course en 3h45. Je vérifie : elle porte bien un t-shirt 3h45. Sur le moment je panique un peu, partir trop vite est vraiment l’erreur à ne pas faire sur marathon, je l’ai lu tellement de fois, j’ai tellement d’amis qui ont eu du mal à finir un marathon après un départ trop rapide. J’essaie de me connecter à mes sensations et globalement ça va – après le premier quart je ne suis pas fatiguée, le stress a disparu, cette allure me convient et je me sens bien. Je décide donc de prendre le risque de tenir cette allure – on verra bien…

On ne m’avait pas menti : le parcours est très plat, très roulant, aucun dénivelé ne vient casser mon rythme. Je cours sans musique et l’ambiance est au rendez-vous malgré la pluie et le froid (un peu moins de 20 degrés). Les Berlinois sont nombreux à encourager les coureurs, les fanfares et orchestres rythment le parcours et les rues très longues et droites offrent une superbe visite des nombreux quartiers de la capitale allemande. Seul bémol : les ravitos sont un véritable bordel, à chaque fois je suis obligée de ralentir à cause du monde et de l’eau par terre (l’eau est distribuée via des gobelets que les participants jettent par terre ce qui rend la chaussée très glissante). Néanmoins, je ne m’arrête pas aux ravitos – j’ai mes propres gels et une bouteille de 50cL. Je prends une gorgée de gel toutes les 20 minutes, afin de garantir un apport en sucre continu et de prévenir l’effet coup de bambou (un souci que j’avais eu lors de mon précédent marathon, où je prenais un gel/heure et où au 30eme km je n’avais plus la moindre énergie…)

J’arrive déjà au semi – la foule se fait plus dense, on se sent vraiment porté et encouragé, c’est incroyable. J’attrape une demi banane au ravito, que je grignote à la place de mon gel. Ça passe plutôt bien, toujours aucune sensation de fatigue mais je ralentis un peu et je perds la pacer. Alors que je maintenais une allure autour 5’10, je passe à 5’15 – je mets ça sur le compte de mon départ trop rapide mais je reste confiante, mon objectif reste 3h45 et j’ai de la marge. J’ai envie de maintenir une allure à laquelle je me sens bien. On revient vers le centre de Berlin progressivement et il y a de plus en plus de supporters, c’est vraiment agréable de se sentir à ce point porté par la foule.

marathon

Vers le 25eme km, la pacer 3h45 officielle de la course me dépasse, entourée d’une nuée de coureurs sur ses talons. D’un coup je me mets à stresser : et si j’avais déjà perdu l’avance accumulée ? Et si ma montre avait buggé ? Et si en fait mon objectif de 3h45 était en train de me dépasser ? Je choisis donc de quitter l’allure un peu plus lente que j’avais adopté pour coller au train du drapeau 3h45 de la pacer. D’un coup le marathon devient moins agréable. J’arrive à suivre l’allure mais cela me demande un effort plus soutenu. Surtout, de nombreux coureurs suivent à la trace la pacer 3h45 et ça joue des coudes. Alors que j’avais noté au marathon du Mont St Michel une vraie solidarité entre les coureurs, à Berlin les participants sont là pour leur chrono et n’hésitent pas à doubler sans prévenir, à frôler sans s’excuser et à lâcher des « fucks » quand ils se font dépasser. Au 28eme km, un ravito nous oblige à ralentir, pacer inclue. J’ai encore un peu d’eau et j’en ai marre de courir au sein du troupeau de runners qui colle aux basques de la pacer. J’en profite donc pour accélérer un peu et retrouver un environnement moins oppressant. Là encore, je me dis que je ferai moins la maligne en rencontrant le mur du marathon un peu plus loin, mais je prends le risque. Au pire, la pacer me redépassera plus tard…

En passant devant le panneau « 31 km » j’ai un choc. « Déjà ? Déjà 31 km ? Woow mais c’est bientôt fini en fait… Je me sens bien en fait. J’ai mal nulle part, les quadri ça va, le dos aussi… Et puis surtout je m’amuse et je me sens vraiment eu top… Et si j’accélérais pour voir ? » Je fais taire l’autre petite vois qui me dit que je suis dingue, qu’accélérer serait une énorme connerie et qu’il me reste encore 11 bornes pour m’éclater contre le mur du marathon. Je pense à ma prépa express, à tous les fractionnés longs que j’ai dû bouffer, à tous les efforts que j’ai fournis, au parcours du combattant pour pouvoir accrocher ce dossard. Je pense aussi à d’autres trucs, plus personnels et plus lointains, qui m’ont incité à me mettre à la course à pied et qui me poussent à courir aujourd’hui et c’est décidé – j’accélère.

Et bizarrement mon corps réagit très bien. Je retrouve les mêmes sensations qu’aux fractionnés : l’élan de réussir à relancer la machine, de passer d’une phase lente à une phase plus rapide. Je passe à une allure en dessous de 5’/km, ce qui est pour moi, à mon niveau, vraiment rapide. Je n’en reviens pas moi-même. Je me demande comment c’est possible, alors qu’à mon premier marathon c’est justement vers le 30eme km que j’avais du considérablement ralentir. Je continue de prendre des gels et je tente de me ravitailler en eau mais avec les gobelets c’est vraiment difficile. Je ralentis au 35eme km à cause de ça : c’est la cohue pour attraper un gobelet, il y a de l’eau partout à terre… Je me rappelle les conseils qu’on m’a donnée et je décide que je peux finir ce marathon sans m’arrêter encore – un sub 3h40 me semble à porter de main (ou plutôt de jambes) et j’accélère de nouveau – là encore, mon corps ne bronche pas.

37eme km : la fanbase Adidas ! Jamais personne ne m’avait acclamé comme ça, j’ai l’impression d’être une star ! C’est fou et ça me donne tellement de force ! Je consulte ma montre de temps en temps et j’hallucine complètement en voyant que j’arrive à tenir une allure autour de 4’50 – à chaque panneau je vérifie bien qu’on est au 38eme km et non au 28eme… Je ne comprends pas d’où vient ce shoot d’endorphines mais je me sens incroyablement bien et je double pas mal de monde, alors que mon premier marathon c’était complètement l’inverse. Je ralentis un peu autour du 40eme, mais les encouragements de la foule me poussent à accélérer encore. Enfin, au 41eme, au détour d’un virage je vois le Brandenburger Tor – la ligne d’arrivée. Ça devient vraiment dur mais je serre les dents et j’accélère, pour passes la ligne d’arrivée en 3h37.

 

Je marche un peu, je n’en reviens pas. Je marche un peu, mes muscles sont raides mais je n’ai pas de douleur particulière. Je récupère ma bière (sans alcool évidemment…) et le poncho anti-froid. L’émotion me submerge : 3h37 et non 3h45, après une prépa en 3 semaines, ça tient quasiment du miracle – je sais que je referai ce marathon, dès 2018 si possible !

marathon

Quelques conseils pour réussir votre marathon :

  • Pensez à tester votre matériel et vos ravitos longtemps en amont

  • Préférez une gorgée de gel toutes les 20min plutôt que 1 toutes les heures (ça dépend des gens)

  • Pensez à vous hydratez pendant la course, et renseignez-vous (vidéos youtube, CR) pour savoir s’il s’agit de gobelets ou de bouteilles

  • Sautez le dernier ravito en eau peut toutefois vous permettre de gagner de précieuses secondes…

  • Pendant la prépa, pour ne pas trop se fatiguer, 15min/jour de gainage valent mieux que de grosses séances de renfo très fatigantes

  • Le fractionné long c’est la clef de la réussite ! Vive les 5 x 2000m ! 😀

MERCI DIO POUR LE CR merci à vous les lapins de nous lire

MERCI THIERRY